Aderyu

21 octobre 2008

premières années

Premières années

Quelque part, dans une campagne sauvage habitée d’hommes et de femmes arrachant chaque jour leur pain à la terre, dans une maisonnée guère plus pauvre que celles environnantes, mais pas plus riche non plus, aux premières pâles lueurs d’une journée d’automne, un bébé prend sa première inspiration. Un seul petit cri à cette première goulée d’air humide, Yulinda, première fille de cette famille d’humbles paysans n’était déjà pas enfant à gaspiller ses larmes…

- Femme, te voilà bien heureuse, une fille pour t’aider à la soupe, toi qui chaque année m’as apporté un fils, dont les aînés ont déjà deux bras solides pour le travail de ferme, tu pourras ainsi te reposer.

De repos, avec un homme et déjà cinq garçons à nourrir et vêtir, avec les trois vaches à mener au pré et la basse-cour à s’occuper, la brave femme n’en avait guère. Mais en ce pays, il n’est point à la mode de fainéanter et l’on tâche de s’accomoder des petits plaisirs de la vie, cette première fille en était et les paroles de son gaillard de mari, dures pour une oreille étrangère à cette contrée lui réchauffaient le cœur. Quelle chance elle avait d’avoir un homme si bon à ses côtés…


…Le lendemain…

A quelques lieues de là, trois religieuses vivaient une paisible retraite dans une grande maison vouée à leur culte. En prières, chants, et quelques occupations quotidiennes concernant principalement la préparation des repas et la confection de conserves remplissant les caves, leurs saisons s’écoulaient dans une heureuse tranquillité. Au petit jour, sœur Aymelyne, la plus jeune des trois, se rendait comme chaque matin aux latrines au fond du jardin lorsqu’elle buta contre un panier… contenant un nouveau né simplement enveloppé d’un linge, ainsi qu’un rouleau de parchemin… Comment Aderyu était-il arrivé là, nul ne le sut jamais. Mais ses premières années changèrent radicalement la vie de ces trois vieilles femmes, faisant résonner l’antique batisse de rires et de galopades, d’un tempérament hardi et joyeux mais toujours serviables envers ses trois mamies qui pourtant lui passaient toutes ses bêtises…

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Deux enfances et deux destinées bien différentes que celles de ces deux enfants pourtant arrivés au même endroit au même moment, mais l’une et l’autre s’entrecroisant, ces deux-là devinrent rapidement les meilleurs amis du monde, s’échappant ensemble dès que possible dans l’une de leurs cachettes secrètes, rivalisant à la course et à l’escalade où Yulinda se révélait première d’une courte tête, aussi bien qu’en acrobaties de toutes sortes dans lesquelles Aderyu excellait…

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L’année suivant l’arrivée de Yulinda, point de naissance en leur foyer… bien que ces familles considèrent toujours l’arrivée d’un nouvel enfant comme une bénédiction divine, sa mère n’était point insatisfaite de ce petit répit, d’autant que deux beaux petits gars firent leur arrivée sans encombre par la suite au rythme habituel d’une grossesse par an. La ‘petite’ famille se considérait donc comme heureuse au regard des normes en vigueur en cet endroit, le père arrivait à tirer de ses champs de quoi faire vivre son monde et peut-être même pourraient-ils faire l’acquisition d’un cheval de trait pour remplacer l’âne après la prochaine moisson. La mère non plus ne se plaignait pas, son mari n’étant saoul que quelques jours par mois, ses fils grandissant en force et sa petiote dotée d’une intelligence pratique la secondant déjà du haut de ses bientôt quatre ans pour la préparation des légumes et du pain. Son ventre s’arrondissait une fois de plus, preuve que la vie leur souriait…

…gémissements étouffés… cris de plus en plus forts… hurlements inhumains… ce bruit allait-il donc un jour cesser ? Yulinda se tenait sous un hangar, les mains serrées contre ses oreilles, ses yeux grand ouverts regardant depuis des heures la course du soleil dans le ciel…

puis le silence… effrayant silence… claquement d’une porte… chuchotement de femmes… pas précipités de ces mêmes femmes quittant la maison. Yulinda n’avait pas changé de position ni d’expression.

La nuit était tombée, maintenant, et la gamine était à genoux, visage fermé, au pied d’un lit où reposait le corps sans vie de sa mère et de sa soeur qui n'était pas arrivée à naître, à jamais prisonnière de ces chairs ensanglantées.
- Ne laisse pas s’éteindre la bougie, c’est très important.
- le… bébé ? avait-elle demandé. Paire de gifles en retour.
- Impertinente ! ne vois-tu pas que le malheur s’est abattu sur notre maisonnée ? veux-tu en plus attirer le mauvais œil ? surveille la bougie !

... (à suivre) ...

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14 novembre 2006

la cueillette

Un lutin traversait Azken en fredonnant

lalalala lala lalalalala ...


Hé mais c'est ma chanson ça !

C'est donc en fredonnant lui aussi que le libre voyou d'Askatasuna continua sa balade dans les rues de la ville

Voici venu le temps des ADOlescents,
dans l'île d'Azkenor, on les entend chanter fort...

Mouaih - y a plus personne qui nous a entendu chanter depuis des mois, je parie que même les boutiquiers dorment toute la nuit sans être dérangés maintenant !


- Eh le lutin, attends-moi, tu vas où, tu fais quoi ?

- Je vais voir Mappie pour trouver le chemin des fléaux, peux pas m'arrêter pour te parler, Agrelas est pressé !


Aderyu n'avait rien compris, mais il avait maintenant un but pour sa promenade en Azken : trouver Agrelas - bon d'accord, c'est un petit but, mais en ces jours calmes c'était mieux que rien, et puis il aimait bien cet elfe poète. Il ne mit vraiment pas longtemps à atteindre son but, puisqu'il était au milieu d'un groupe de personnes qui semblaient sur le départ - ça sentait l'aventure, il ne fallait pas manquer ça.


- Ils vont où, tous ceux-là ?

- Z'ont parlé de Cuivénen, pour cueilir des fléaux


Des fléaux, cueillir des fléaux, qu'est-ce qu'ils avaient tous avec ces fléaux - mais c'est bien sûr, ceux qui sont montés à l 'assaut du Pic Régence !
Il a bien dit en Cuivénen... pour voir l'inaccessible reine, peu importait le motif, il fallait qu'il se joigne au groupe - et puisque personne n'avait entendu chanter un ADO depuis bien trop longtemps, c'est en chanson qu'il déclara son intention :



Chuis un voyou à la recherche,
non pas de la Vérité,
mais simplement d'une aventure
qui sorte enfin de la banalité !

Alors moi aussi je cueillerai
ces Fléaux qui nous narguent tant
Alors avec vous je partirai
c'est pas des paroles dans le vent

lalalalalalalaaaaaa

Pour les Fléaux déloger
et tous les faire tomber par terre,
la montagne il faut grimper
même si je préfère la mer...

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30 octobre 2006

banquet azkenote

Aderyu s'était amusé du manège de l'avariel qui faisait venir à elle par magie des petits fruits des bois ; admiratif, il se représentait ce qu'aurait pu être sa vie armé d'un tel don à l'époque pas si lointaine où il vivait de petits larcins... mais un mot interrompit sa contemplation, un simple nom : Tinuviel.

Avait-il bien entendu, la reine qui jadis venait si souvent en Askatasuna serait-elle ici ? Tournant la tête en tous sens pour tenter d'apercevoir celle qu'il n'avait jamais vue, mais qui avait alimenté bon nombre de ses rêves, tant par ses visites en son absence (à croire qu'elle le faisait exprès) que par les longues missives qu'elle lui faisait parvenir... Il était certain qu'il la reconnaîtrait au premier coup d'oeil ! Il bouscula dans ses recherches quelques personnes, sans doute de très importants seigneurs, sans y prendre garde, quand de nouveau il entendit ce nom qui avait bercé un si grand nombre de ses nuits :


Je suis Palanquendi ! Lutin de la Reine Tinuviel...


Un lutin ? Le jeune voyou était déçu, mais il reprit très vite sa bonne humeur habituelle. Ce lutin avait l'air d'un joyeux personnage, ils trouveraient sans doute à s'amuser ensemble à ce banquet, et il pourrait au moins avoir des nouvelles de la reine de Cuivénen ! Oui, c'était décidé, ce lutin ferait un compagnon idéal, même s'il préférait - et de loin - la compagnie des demoiselles !

D'ailleurs, en parlant de demoiselles, n'était-ce pas Galililth qui l'avait interpelé juste avant qu'il soit captivé par le manège d'Eärwen ? Mais si, elle était d'ailleurs encore près d'une de ces tables, en train de grignoter dans les plats... Aderyu en avait l'eau à la bouche - le lutin attendrait !


Ah Galililth comme on se retrouve - mmmh appétissant tout ça ! Je goûterais bien ces petites choses orange, z'en voulez ?


Sans attendre la réponse de la jeune femme, si troublante elle aussi, il lui tendit une poignée de ces petits fruits inconnus, accompagnant le geste de son sourire le plus charmeur.

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29 septembre 2006

banquet azkenote

Sourire aux lèvres, le jeune voyou aux mèches turquoises rebelles descendait une des ruelles menant à la place principale d'Azken, non pas en marchant, mode de déplacement ennuyeux, mais en exécutant diverses cabrioles, sauts et acrobaties, grimpant comme un gamin qu'il était sur chaque objet qu'il trouvait sur son chemin, tonneaux, carrioles, tout y passait.

Un nouvel habitant de l'île avait eu l'idée de réunir tous les Azkenotes pour un banquet géant… mystérieux personnage que cet Agrelas, les différents messagers qui étaient revenus de Trimar le lui avaient chacun décrit d'une manière bien différente… pour dire vrai, Aderyu ne savait même pas s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme.

Pourvu qu'il y ait à manger, à boire et de la compagnie, qu'importe !

Faire la fête, voilà qui convenait particulièrement bien à cet esprit libre… et en plus il pourrait y rencontrer du monde… peut-être même revoir certaines demoiselles qu'il n'avait plus croisées depuis une éternité !

Pour l'occasion, il avait ressorti une de ses tenues préférées datant de la période où il accompagnait en tournée ses amis troubadours. Par-dessus un court pantalon d'un turquoise un peu plus foncé que ses yeux, il avait passé une longue chemise bariolée, simplement fermée par une longue ceinture d'étoffe rouge nouée autour de sa taille terminée par des franges auxquelles étaient accrochées de petites breloques qui tintaient en s'entrechoquant à chaque mouvement… aux pieds, évidemment, rien. Son sourire s'agrandit en repensant aux protestations d'Anselme, biographe, conseiller ès bons usages, homme à tout faire d'Askatasuna.


- tu ne vas quand même pas aller en ville sans chaussures, n'oublie pas que tu es invité en ta qualité de dirigeant d'Askatasuna !

- quel rabat-joie ! Ne dirait-on pas que tu es ma grand-mère ? C'est pieds nus que je me sens le mieux, tu le sais bien… Askatasuna est un royaume de liberté, pourquoi donc mes pieds ne pourraient-ils pas vivre libres ? Non, je ne les enfermerai pas ce soir !

- mais...
- je file, je suis déjà en retard !


Anselme haussa les yeux et les épaules au ciel, conseiller… il était le conseiller de ce jeune voyou soi-disant... mais de toute façon il n'en faisait jamais qu'à sa tête !

Aderyu parcourut les derniers mètres et franchit l'entrée sur les mains, puis se rétablit d'une cabriole qui le fit atterrir juste devant une personne vêtue d'une cape verte - Agrelas à n'en point douter, il lui tendit la main :


- Salut, l'ami ! Aderyu, tu m'avais reconnu je suis sûr ! Tu vois, j'avais promis de venir, me voici ! Oh mais on dirait bien que je ne suis pas le premier !

ajouta-t-il en embrassant l'assemblée du regard, s'attardant longuement sur Cylith, cette demoiselle qui avait si bien su l'accueillir à son arrivée en Azkenor, d'un clin d'œil il lui fit comprendre qu'il n'avait pas oublié leurs affrontements qui si souvent le laissaient épuisés à cette époque pas si lointaine d'ailleurs…

?

oups, il avait laissé sa main dans celle de leur hôte pendant ce temps, ramenant son regard dans ses yeux, il la retira le plus naturellement du monde.


- enchanté d'enfin te rencontrer.

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08 septembre 2006

de la couleur...

Là, c'est bien toi qui l'as écrit, non ?


Entraînant Aderyu par le bras, Filmania pointait du doigt l'affiche qui était restée placardée au panneau tous ces mois, et avait conservé ses couleurs éclatantes... sans doute un effet de la magie de Hény. Il se dégagea, d'autant qu'il venait d'apercevoir Windya qui avait froncé les sourcils en le voyant arriver au bras de leur amie naine (tracté par elle aurait été plus exact)


Oui bon c'est moi. Cette question ! Et alors ? Qu'est-ce que tu veux à la fin, ils ne te plaisent plus nos drapeaux ? Moi aussi j'en voudrais bien des jaunes, des turquoises, des orange à étoiles violettes, mais l'empereur ne veut nous donner que trois couleurs !


Le jeune Aderyu était contrarié. Lui ce qu'il voulait c'était faire la fête avec ses pirates autour d'un grand feu de joie, et là tout de suite, la place d'Azken l'ennuyait. Encore qu'il pourrait peut-être proposer une balade à cheval à Windya puisqu'elle était là... ou encore mieux, à secoue-terre... rêvassant à la suite de la soirée, il n'écoutait que d'une oreille distraite


...tout blanc, et c'est très moche !


Le jeune voyou soupira. Les autres guildes continuaient de les accueillir avec ces vilains drapeaux sans couleurs. Mais il n'avait aucune envie d'essayer de les convaincre de dresser du rouge, du vert ou du bleu... A chaque fois qu'il avait tenté d'aborder le sujet, on lui parlait diplomatie, guerre, signature de traités et autres choses toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. Alors s'ils avaient envie de voir la vie en triste, tant pis pour eux !


Salut ! J'mappelle Syl' ! Et J'crois bien que j'ai quelque chose qui pourrait t'interesser...


La place devenait d'un coup beaucoup plus lumineuse. Le nouvel arrivant avait des cheveux incroyables ! Un grand sourire revint sur le visage de l'ADO.


Salut Syl' ! Moi c'est Aderyu. Tu es nouveau par ici, non ?  Super ta coiffure ! 
Un truc pour moi ? Si ça se mange ou que ça fait du bruit ça m'intéresse !


Sans lui laisser le temps de répondre, il enchaîna


Attends, je vais te présenter mes amis : elle c'est Fil une naine très sympa, là-bas toute pale, c'est Mew et la plus jolie, c'est Windya

 

ajouta-t-il après avoir tendu la main pour attirer d'un geste fraternel son amie plus près de lui


Z'avez entendu : lui c'est Syl' il vient faire la fête avec nous ce soir. On va où ?

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22 août 2006

la recette de Fil

- ieuuuurk ! c'est quoi encore ce truc ! Non non, me dites pas... je sais... Encore Fil qui essaye de faire la cuisine. Pfff c'est encore pire depuis qu'on lui a volé sa recette, il faut faire quelque chose !

Après un dernier regard dégoûté au chaudron au fond duquel flottaient des morceaux d'il n'osait deviner quoi dans un liquide d'un marron peu râgoutant, Aderyu sortit du repaire et prit la direction du centre d'Azken... il trouverait bien une pomme ou une morceau de pain en chemin ! (tout plutôt que goûter à ce truc infâme !).

C'est donc en finissant de croquer dans un abricot qu'il arriva sur la place où Filmania se trouvait déjà entourée d'une petite foule d'Azkenotes - en quête d'aventures ? -


- Ah Fil ! Tu as raison, il faut absolument qu'on retrouve ta recette préférée ! Et puis un peu d'action nous fera du bien !

(il faut absolument éviter toute nouvelle expérience culinaire de cette naine en fureur au repaire se disait-il surtout !).

C'est décidé, faisons dès maintenant le tour de tous les royaumes de l'île

...

Eskannites dis-tu ? tu es sûre ? mmh c'est donc pour ça que ce petit gars rigolo est passé en Askatasuna ! Bien sympa, ce Mell Revr... mais penser que j'aurais pu, moi, Aderyu, te prendre ta recette de beurk en sauce !

...

- mais non j'ai pas dit beurk ! boeuf j'ai dit boeuf ! ah c'est pas du boeuf que tu y mets ? humm oui, passons... Je disais donc que j'ai bien envie d'en profiter pour aller fouiller du côté de ces grenouilles de bénitier d'oznarites ! après tout... ce ne sera qu'une précaution de plus ! Bon. Et si tu allais à l'Administration Impériale pour leur demander une liste de tous les Eskannites d'Azkenor ?

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19 juin 2006

concours - inscription

Dans la fraîcheur de ce jour de mars finissant, un homme s'avançait sur la place d'Azken d'un pas tranquille et assuré, seul. D'un âge indéfinissable, il faisait partie de ces personnes que l'on ne peut qualifier ni de jeunes, ni de viellards, un homme dans la force de l'âge dirait sans doute un observateur, si on l'interrogeait à son sujet. Noué au poignet, un bandana turquoise, identique à celui d'Aderyu, jeune voyou des terres d'Askatasuna. C'est d'ailleurs le nom qu'il indiqua au fonctionnaire chargé de recueillir les inscriptions au concours d'écriture.


Veuillez noter que mon jeune seigneur ébouriffé, actuellement en voyage en Ekarys, défendra les couleurs d'Opalide au concours de la Plume Effrénée. Non content de faire résonner les rues d'Azken de rires et de chants, cet ADO joyeux se propose de montrer aux Azkenotes que la jeunesse de l'île manie la plume au moins aussi bien que le sabre.


Nom

Aderyu

Royaume

Askatasuna

C'est noté. Suivant !


Anselme s'assura que le représentant de l'Administration impériale avait correctement orthographié le nom de son seigneur et de son royaume. Il réfléchissait au meilleur moyen de convaincre Aderyu à son retour. Toujours partant pour une compétition, le jeune seigneur ne se ferait sans doute pas tirer l'oreille bien longtemps, d'autant que la récompense annoncée serait la bienvenue pour remonter les finances d'Askatasuna, surtout après leur dernière défaite.

Après tout, j'ai été engagé comme biographe

, pensa Anselme,

je fais de mon mieux avec ces troupes indisciplinées, mais personne ne peut exiger de moi l'impossible, les gars n'en font qu'à leur tête sur un champ de bataille !


Afin d'observer les participants qui se présentaient, chacun à sa façon, Anselme se recula de quelques pas.

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28 mai 2006

PP d'Azken...

Ayant quitté la grand place sur un fou-rire, Aderyu arriva dans le quartier commerçant du bourg, de très bonne humeur. Il cherchait l'échoppe de son ami Yadlabus, le bien nommé qui vidait chopes et tonneaux, et la trouva assez facilement, entre un vendeur de légumes et un marchand de tissus. Poussant joyeusement la porte vitrée, il fit ainsi tinter le carillon d'entrée (bonne idée pour réveiller les écrivains à l'arrivée d'un client) et se mit à appeler :


- Yad ! Tu ne devineras jamais la dernière, tu vas rire : il parait que t'es régent, mon gars ! Tu sais, le bonhomme qui a la plus grande armée de l'île, ben c'est toi... Alors, faut fêter ça !


Voyant le plus grand boit-sans-soif de l'île revenir avec deux grande bouteilles, il se souvint du motif premier de sa visite et l'arrêta d'un geste.


- Attends... faut que je t'explique d'abord. Tu sais, les Scribouilles... enfin les écrivains, toi, la guilde, les autres... Tu m'avais invité, mais comme entre temps tu as trouvé du monde. Enfin bon, je ne pouvais pas laisser tomber Opalide, tu comprends... Oui, finalement, passe-moi la bouteille. Euh, tu n'as pas de verres ?


Au signe de dénégation du Prince de la Nouvelle Elefteria, Aderyu prit une gorgée directement au goulot.


- Bon ben. A ta promo, alors ! J'étais aussi venu te dire que je m'en vais.

...


- Mais non, pas longtemps, juste quelques semaines, un voyage... Je pars ce soir, veux pas trop boire. Allez viens, les gens t'attendent sur la place !

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PP d'Azken...

Après une période de doute, Aderyu revenait en Azken pour la première fois après une absence de plusieurs mois. Tiens, j'aurai bientôt 17 ans pensa-t-il en essayant de se souvenir de son dernier passage en ville.

Mais aussitôt, ses pensées se tournèrent vers la grande catastrophe qui avait ravagé l'île. Nombreux étaient ceux qui étaient tombés, certains royaumes qu'il se plaisait à visiter avaient même carrément été rayés de la carte, et il restait sans nouvelle de plusieurs de ses amis ou connaissances. Evidemment, comme si ce n'était déjà pas suffisant comme mauvaises nouvelles, l'empereur en avait profité pour revenir en douce sur Azkenor, sans tambour, trompettes ni annonce d'aucune sorte !

Il en était là de ses sombres pensées, la colère commençant à monter, lorsqu'il aperçut l'attroupement au centre de la place, entourant la régente, une naine qu'il avait eu l'occasion de croiser au repaire des ADO. Il n'entendit que ses dernières phrases



- Azkenoriens ? Azkenoriens ! Je sais que vous avez débarqué il y a peu sur cette île, mais une régente qui ignore que les habitants de l'île sont des Azkenotes, faut le faire !


Il allait réagir à la suite de son discours, lorsqu'il s'aperçut que le nom affiché sur la façade du bâtiment de l'Administration, juste en face de lui, venait de changer... Yadlabus de la Nouvelle Elefteria... Il éclata d'un rire fort peu discret, sans se soucier des regards courroucés des passants.



- Mon ami le pilier de comptoir, régent ? laissez-moi rire ! Je vous laisse débattre entre vous du prix du chou-fleur, chers concitoyens... Je cours à l'échoppe des écrivains pub'l'hics ! Aussi bien il ne sait même pas qu'il est régent, ce pochtron ! On est bien armés avec des tonneaux pour bouter l'empereur hors de notre île !


Et le voyou ébouriffé s'éloigna en rigolant de plus belle.


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le voyou en Ekarys...

--- pendant ce temps-là ---


Depuis que celle qui s'était présentée sous le nom de Lady Mewbrylla avait rejoint leur bande, Aderyu gardait autant que possible un œil sur elle. Curiosité tout d'abord, n'ayant jamais rencontré de vampire auparavant… Mais également une certaine méfiance dont il ne pouvait se départir, malgré l'anneau d'opale, indéniablement véritable, qui faisait d'elle une des Cinq d'Opalide.

Cette femme leur cachait quelque chose, le jeune voyou en était persuadé. Aussi l'avait-il suivie en secret ce soir-là, quand elle leur avait annoncé qu'elle serait absente quelques semaines… Un bonnet de marin enfoncé sur ses mèches turquoises bien trop voyantes, sa tenue sombre de monte-en-l'air complétée d'une cape de rôdeur, il n'avait eu aucun mal à dissimuler sa présence.

C'est ainsi qu'il avait mis le pied sur l'île d'Ekarys, berceau de son amie Windya. Lorsque la porteuse de l'anneau rouge (rouge comme ses yeux !) avait, sans aucun mal, réussi à séduire le seigneur des lieu, Aderyu était juste resté à proximité le temps d'apprendre leur destination. Cadrienia - une fête organisée dans trois jours pour les joutes d'automne - parfait. Partout dans l'empire, qui disait fête disait spectacles, troubadours, jongleurs, chanteurs… Il ne lui restait donc qu'à se faire engager dans une troupe itinérante. Pour quelqu'un qui a passé une bonne partie de sa jeunesse parmi les "Baladins colorés", ça ne poserait aucun problème. Le jeune homme n'en doutait pas un instant.

Deux minutes suffirent à Aderyu pour changer d'allure, passant du discret pisteur au gai ménestrel (vraiment pratique ce sac réversible). La tignasse à nouveau en liberté, une courte tunique bariolée remplaçant son manteau de rôdeur, ne restait plus que son pantalon de marin noir un peu trop sobre. Ayant emporté avec lui une bonne quantité d'or, résultat d'un récent pillage, il aurait certes pu s'acheter un vêtement plus approprié, mais ne voulait pas attirer l'attention. Tant pis, cela fera l'affaire, pensa-t-il en prenant soin de cacher la plus grosse partie de son or avec son manteau, dans la doublure de son sac coloré, ne conservant à sa ceinture qu'une bourse usée et presque vide.

Un grand sourire illuminant son visage, il entra dans la taverne la plus animée du village le plus proche.


- Salut la compagnie ! Aubergiste, que peux-tu proposer de meilleur à manger et à boire pour un voyageur affamé pressé de dépenser ses dernières pièces ?


L'omelette aux champignons semblait être la spécialité du coin. Délicieuse ! Après plusieurs jours de surveillance discrète le ventre presque vide, il en engloutit trois portions géantes, sous les yeux visiblement étonnés du tavernier, étonné mais content de voir sa cuisine appréciée.


- Ben ça mon gars, elle te plaît mon omelette ! Un verre de cervoise pour faire glisser ? Ne dis pas non, c'est la maison qui l'offre !


La conversation engagée, le brave homme le renseigna volontiers sur les joutes d'automne de Cadrienia, royaume éloigné de deux journées à cheval. Il lui apprit que de nombreuses personnes y étaient attendues afin de s'affronter dans plusieurs disciplines aussi différentes que l'escrime, l'équitation, la poésie et bien d'autres encore. L'un des concours couronnait chaque année les meilleurs troubadours, la troupe gagnante s'assurant ainsi renommée et richesse, au moins pour un temps. Une des particularité de ces jeux étant que les gens du peuple pouvaient eux aussi s'inscrire et non pas seulement les nobles ou les guerriers.


- Même toi, si tu le veux, gamin ! Mais je ne crois pas qu'il y a un prix du plus grand mangeur d'omelettes

, ajouta-t-il, partant d'un rire sonore.



- Dans ce cas, Messieurs, Mesdames, et surtout Mesdemoiselles, admirez en avant première la prochaine idole des Ekaryssiens !

s'écria Aderyu en sautant prestement sur la table la plus en vue de l'établissement. Ses balles de jonglage aussitôt au travail, il entonna la première chanson qui lui vint à l'esprit : la mélodie des ADO



Voici venu le temps
Des adolescents
Sur l'île d'Azkenor
On les entend chanter fort
Et ces ados joyeux
N'ont pas froid aux yeux
Qu'importe le danger
Ils fonc'ront tête baissée


Plusieurs têtes (presque toutes à vrai dire) se tournèrent vers cet inconnu à la tignasse folle mais dont la voix sonnait clair et juste. Bientôt, un jeune jongleur au bonnet coloré terminé par trois pompons se joignit à lui pour un duo improvisé, bientôt suivi d'un second vêtu de vert et rouge. Balles, massues et assiettes volaient de plus en plus vite entre les trois garçons, encouragés par les clients qui tapaient des mains et des pieds dans un rythme endiablé.

A court de projectile, le garçon au bonnet envoya celui-ci vers Aderyu, qui le réceptionna du pied avant de s'écrouler dans un fou-rire auquel les deux autres se mêlèrent bientôt, tandis que s'alignaient devant eux plus de verres de boissons variées qu'ils ne pourraient en boire en une semaine, généreusement offerts par les clients satisfaits de ce petit divertissement.

Gagné ! pensa le jeune voyou d'Askatasuna.

Et en effet, quelques heures plus tard, il était allongé à l'arrière de la charrette de la "Compagnie Bigarrée", en compagnie de Thibord (le garçon au bonnet à pompons), Zacchie (celui vêtu de rouge et vert) et leur sœur Ninon, une gamine de cinq ans à peine qui s'était endormie dans ses bras. Quel bonheur de retrouver, même pour peu de temps, la vie des saltimbanques itinérants !

En route pour Cadrienia !

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